Samedi 26 novembre 2011

 

20H30

Berlusconi est parti, la Camorra reste.


Italie 2009 – 1h50
Réalisation : Marco Risi


Scénario : Jim Carrington, Andrea Purgatori, Marco Risi et Maurizio Cerino - Image : Marco Onorato - Musique : Franco Piersanti
Interpr. : Libero De Rienzo, Massimiliano Gallo, Valentina Lodovini, Michele Riondino ; Ernesto Mahieux

Fortapàsc : affiche
En 1985, Giancarlo Siani est tué de dix balles de revolver. Il avait 26 ans. Il était journaliste et avait le défaut de s’informer, de vérifier les nouvelles, d’enquêter sur les faits. Il s’agit du seul journaliste tué par la Camorra.
«
Ce film n’est pas une biographie. Il veut seulement décrire les quatre derniers mois de la vie de Giancarlo et le climat dans lequel a muri la décision de l’assassiner. Le film raconte comment il quittait chaque jour le quartier bourgeois du Vomero pour aller enquêter sur les magouilles entre hommes politiques, gens corrompus et camorristes, dans une zone dévastée par un séisme où, à l’époque, tout tournait autour des intérêts liés à la reconstruction. Giancarlo était un garçon joyeux qui aimait son travail. J’ai voulu décrire sa vie privée pleine de passion et de légèreté, mais aussi et surtout son engagement professionnel. Il ne voulait pas être un journaliste fonctionnaire, mais un journaliste-journaliste ».
Marco Risi

Fortapàsc : photo Marco Risi

SÉANCE TENANTE – figaro.fr
Bonne nouvelle : le cinéma italien renoue avec sa verve politique, sans tomber dans l'activisme ni les clichés des années de plomb. Il le fait avec simplicité et réalisme. Ainsi, Marco Risi, le fils de Dino, le roi de la comédie, filme les ravages de la Camorra sur la ville de Torre Annunziata, près de Naples. Son beau film est sombre comme un faire-part. L'histoire ? Celle, authentique, d'un journaliste au quotidien II Mattino, Giancarlo Sianni, 26 ans, tué de six balles de revolver en 1985. Son tort ? S'intéresser de trop près aux liens du boss des « camorristes », Valentino Giotta (condamné depuis à perpétuité), avec les politiciens locaux, qui truquent les marchés publics après le tremblement de terre de 1980. L'enjeu justifie toutes les combines, les trahisons, les règlements de comptes, sous l'œil impuissant des juges et des ­carabiniers qui « n'attrapent que les morts ». Dans la lignée de ­Gomorra ou de Main basse sur la ­ville, Fortàpasc décrit minutieusement cette violence ordinaire à travers la mort annoncée d'un idéaliste trop seul pour survivre.

Fortapàsc évoque   le destin tragique   du journaliste Giancarlo Siani (Libero De Rienzo), assassiné   par la Camorra   en 1985.    © Bellissima Films

Le républicain lorrain.

Dino Risi et Francesco Rosi en chair et en os à Villerupt : c’était en 1993, et l’affiche du 16 e Festival du film italien avait fière allure. Risi venait recevoir dans le Pays-Haut un juste hommage pour ses immenses services rendus à la comédie italienne. Rosi, lui, était la figure de proue d’une rétrospective consacrée à Naples, sa ville natale. « Une grande ville qui a été une capitale européenne, avant de se laisser dépasser par l’évolution vertigineuse de la société. Aujourd’hui, le chômage, la drogue, la délinquance et la criminalité organisée minent toute forme de vie sociale. Songez que rien qu’à Naples, 300 000 personnes travailleraient pour la Camorra ! », nous avait alors confié le réalisateur de Le mani sulla città et Lucky Luciano…. Suite

Bon film.

GA